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musique acousmatique, art radiophonique, installation, vidéo

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CONCERT 19 21h00 AOÛT 2026

Denis Dufour L’au-delà de l’eau [2026 – création commande de Motus avec l’aide de la Sacem] 19’96
op. 202

Réalisation sur ordinateur au studio du compositeur à BrandivyPrises de son : Denis Dufour
Pakhāvaj, tānpūra et voix : Hamish
Textes : Apah Suktam (Ṛgveda 10.9) et Gaṇeśa stuti de Shri Tota Ram Sharma

Installé en 1984 dans la campagne de Crest, dans la Drôme, j’ai pu monter mon propre studio de composition, dans un premier temps dans la salle-à-manger-cuisine, puis dans un bâtiment que j’ai construit pour y développer diverses pratiques artistiques. C’est alors qu’il a pris le nom de Studio Motus. Puis en 1996 j’ai dû créer une structure administrative pour répondre aux demandes d’utilisation de mon acousmonium mobile constitué peu à peu depuis 1981, et également pour produire des CDs. Ainsi, reprenant le nom de mon studio personnel, est née l’association Motus.
Le lieu où j’habitais n’était pas raccordé au service des eaux. Ne disposant que d’une source au débit extrêmement faible qui se muait en goutte à goutte de fin mai à novembre, j’avais installé quatre grandes cuves en métal pour capter l’eau des rares pluies. Ce manque d’eau a toujours été un problème tant pour la végétation et les plantations que pour les vaches, moutons, cochons, poules et pigeons que j’avais acquis pour partager le domaine avec moi.
En 1998 je quittais Crest pour Paris où je vécus jusqu’à la retraite en 2021, année durant laquelle je m’établis dans le Morbihan, région réputée assez pluvieuse. Or en 2022 j’ai vécu une première sécheresse qui m’a rappelé mon passé drômois. Et cette année, de nouveau une sécheresse encore plus prononcée, plusieurs mois sans pluie, les plantations qui dépérissent, le jardin qu’il faut tenter de sauver, les moutons qu’il faut nourrir en leur coupant des branches de tilleul, de frêne, d’if ou de châtaignier… Cette pénurie semble me poursuivre ! C’est donc avec l’eau, matériau déjà bien présent dans plusieurs de mes œuvres, que j’ai décidé de composer les six mouvements de “L’au-delà de l’eau” constitués d’enregistrements sans aucune transformation. Six parce que le chiffre 6 est apparu à de nombreuses reprises dans mon œuvre tant acousmatique qu’instrumentale sans que je le décide…
[Denis Dufour]

Parmi les pionniers de l’approche morphologique et expressive du son, Denis Dufour est devenu un créateur sonore reconnu dans les domaines tant de la musique instrumentale que de l’art acousmatique, avec plus de 200 œuvres composées à ce jour.
Enseignant de 1976 à 2021 dans les conservatoires de Paris, Perpignan et Lyon ainsi qu’au Pôle supérieur d’enseignement artistique Paris-Boulogne-Billancourt, il est également chercheur, conférencier, conseiller et intervient dans des stages, ateliers et classes de maître. Par ses actions et sa pédagogie il joue un rôle essentiel dans le développement de l’art acousmatique, particulièrement en France, Italie, Japon.
Membre du Groupe de Recherches Musicales (GRM) de 1977 à 2000, il a contribué de façon déterminante à l’élaboration d’outils d’analyse ainsi qu’à la pratique de la musique en “temps réel” – électronique depuis 1978 puis informatique à partir de 1984.
Organisateur et directeur artistique de nombreuses manifestations dédiées à la création contemporaine, il est à l’origine de plusieurs structures, collectifs et formations instrumentales qui continuent d’irriguer la vie musicale. Depuis 2021 il vit en Bretagne au Domaine de l’abbaye de Lanvaux (Morbihan) où il travaille à l’édification d’un centre de culture, de patrimoine et de bien-être.
Ses œuvres instrumentales, vocales, mixtes, live electronic, ‘temps réel’ et acousmatiques sont éditées par Maison ONA.
www.denisdufour.fr
www.maison-ona.com/composer-Dufour
www.abbayedelanvaux.fr

Bérangère Maximin Trace à définir [2026 – création commande de Motus avec l’aide de la Sacem] 12’00
Oeuvre électroacoustique, stéréo. Création-commande du festival Futura pour ses 30 ans. Interprétation : Jonathan Prager sur l’acousmonium Motus, Août 2026.

Le titre porte une tension intéressante entre la trace, qui est habituellement le reste d’un événement passé, et le fait qu’elle demeure encore à préciser, comme si le passé lui-même restait inachevé. Ces traces apparaissent pour laisser une impression durable. Elles portent aussi une idée d’inclusion : elles se mélangent, se renforcent l’une l’autre.
Ce qui a été appris durant les jeunes années revient par imprégnation, par résurgence jamais uniforme. Il faut retrouver l’émerveillement de l’adolescente tout en avançant avec l’expérience accumulée : reprendre le chemin, autrement, avec d’autres repères. Il s’agit de retrouver des gestes familiers tout en leur donnant une nouvelle orientation.
Mes trajectoires artistiques croisent à nouveau celles de l’équipe du festival Futura et de Motus, dans laquelle je me suis inscrite naturellement. Des échanges, des écoutes et des présences qui ont laissé leurs propres traces, avec un sentiment enraciné depuis, d’être musicalement à sa place.

Bérangère Maximin a grandi à l’Île de La Réunion, terre natale de sa mère, jusqu’à l’adolescence. Élève puis assistante du compositeur Denis Dufour au sein de l’association Motus, elle exerce ensuite son activité de compositrice indépendante à Paris. Installée à Perpignan depuis cinq ans, elle travaille actuellement à la production de son prochain album ainsi qu’à la finalisation de plusieurs créations dans son studio personnel, le Home Sweet Home Studio.
Compositrice, productrice et interprète, elle crée une musique abstraite, immersive et riche en détails, où les matières sonores invitent l’auditeur à une exploration profonde de l’espace et de la texture. La finesse lyrique de son écriture a contribué à établir sa reconnaissance sur la scène des musiques expérimentales. Elle se produit régulièrement dans des lieux institutionnels comme indépendants. Ses œuvres sont publiées sur les labels Tzadik (États-Unis), Sub Rosa (Belgique), Crammed Discs (Belgique), Atlas Realisations (Royaume-Uni) et Karlrecords (Allemagne).
Depuis son arrivée dans le sud de la France, en 2021, elle a été programmée au Phonetics Festival (Lisbonne), la Fondation Phonos (Barcelone), Klangzeit Festival (Croatie), Festival ByPass (Toulouse), Propagations (Marseille), la Péniche La Pop (Paris), la Music Biennal de Zagreb (Croatie), et dans la série Modulations du GMEM (Marseille).
En résidence au Labo Flashback (Perpignan, 2021-2022), elle développe le solo live Homo Digitalis. Elle reçoit également une commande de l’Ina-GRM pour sa série Multiphonies au Grand Auditorium de Radio France (Paris) pour la pièce The Snov River en 2021. En 2024, elle bénéficie d’une commande d’État du Ministère de la Culture pour la pièce Être.
Ses fréquents séjours à Berlin l’ont amenée à collaborer avec des personnalités diverses opérant dans la domaine des arts plastiques et de l’art sonore, entre autres pour le projet Entre les lignes, co-production entre Blind Signal (Toulouse), Liebig 12 (Berlin) et le GMEA (Albi).

Tomonari Higaki Velum Audientes [2026 – création commande de Motus avec l’aide de la Sacem] 10’00

Le titre de cette œuvre, Velum Audientes, est né de deux mots latins signifiant « voile » et « ceux qui écoutent ». Lorsque nous tendons l’oreille vers des sons dont la source demeure invisible, nous écoutons un même espace à travers un voile ténu.
Depuis plus de vingt ans, mon parcours s’est constrit aux côtés de MOTUS, au fil des rencontres avec celles et ceux qui écoutent en silence les sons diffusés par les haut-parleurs. Composée pour son trentième anniversaire, cette œuvre prolonge vers l’avenir ces moments où nous tendons ensemble l’oreille.

Tomonari Higaki est compositeur, interprète sur acousmonium et chercheur, principalement actif dans le domaine de la musique électroacoustique. Son travail explore la manière dont les sons enregistrés prennent vie dans l’espace, entre composition et interprétation.
Après avoir étudié la composition au Japon, il poursuit sa formation en France auprès de François Donato (GRM), Denis Dufour, Jonathan Prager (Perpignan) et Christine Groult (Pantin), et approfondit la composition électroacoustique et l’interprétation sur acousmonium. En 2002, il remporte le concours d’art radiophonique organisé par La Muse en Circuit. En 2014, l’une de ses œuvres figure dans la sélection du jury du Japan Media Arts Festival, organisé par l’Agence japonaise pour les affaires culturelles.
Parmi ses œuvres majeures figurent notamment Mahoroba, La Mer de la fertilité et La Prisonnière. Ses disques monographiques ont été publiés par Motus, en France, et par Engine Books, à Kyoto. Il mène également des collaborations transdisciplinaires avec le poète Gozo Yoshimasu et le cinéaste Kei Shichiri. Ses œuvres sont présentées dans de nombreux festivals et concerts en Europe et en Asie.
Ces dernières années, il a effectué des résidences de création au Cube, en France, à la Villa Kujoyama, à Kyoto, à la Fundació ACA, en Espagne, et à la Fondation Fiminco, à Paris. Il développe par ailleurs des projets de création et de recherche avec des artistes et des chercheurs au Japon comme à l’étranger, et conçoit et réalise des concerts sur acousmonium.
Il est actuellement professeur associé à l’Université Tokai, professeur invité à l’Université des Arts d’Osaka, enseignant au stage d’interprétation acousmatique du festival Futura et directeur artistique de la CIE hirvi.

Vincent Laubeuf Le rêve de Yoroboshi version stéréo + 8 pistes [2024-26] 16’51 – Label Motus sortie CD Carnets du Japon

Avec l’aide à l’écriture d’œuvre musicale originale – Ministère de la Culture et de la Communication
Avec le soutien d’Art Support Kansai pour la version avec 8 pistes
Cette pièce a pour départ un Nō moderne de Yukio Mishima, intitulé Yoroboshi. Un texte à la fois riche sur les sensations qu’ils procurent, mais aussi complexe sur les significations multiples (notamment, par son utilisation de symboles bouddhistes et les liens subtils qu’il tisse avec le théâtre Nō traditionnel).
Ce que je traite spécifiquement, c’est la fin du texte de Mishima, où le personnage central de la pièce, Toshinori, exprime ce qu’il a perçu lors du bombardement qui lui a fait perdre la vue : une vision de la fin du monde à travers un univers en flammes, qui deviendra la seule réalité à laquelle il se sent appartenir.
C’est un récit hallucinatoire, c’est une mise en perspective de l’hypocrisie d’un monde voué à la destruction. C’est l’horreur de la guerre qui rend fous les humains, c’est l’impossibilité de communiquer sur cette fin du monde.
Le texte n’est pas présent lui-même, il est seulement une inspiration sonore et formelle
Cette musique est composée de 3 parties, chacune portant un titre issu du texte.
Partie 1 : « Des averses de flammes tombent du ciel »
« Regardez ! Des averses de flammes tombent du ciel ! Toutes les maisons prennent feu. Les fenêtres des immeubles vomissent des flammes. Je vois clairement le ciel tout plein d’étincelles. Les nuages bas sont d’une vénéneuse couleur pourpre, et se reflètent dans une rivière d’un rouge éclatant. La dure silhouette d’un grand pont métallique s’y profile. Il est poignant de voir un grand arbre enveloppé de flammes ; son faîte tout embrasé d’étincelles s’agite au vent. Les arbustes et les bosquets de bambous portent tous le blason et la livrée du feu. Partout palpitent les bannières du feu. »
Partie 2 « C’est un son étrange, gémissant »
« Tout est pourtant étrangement calme. Et, dans ce calme, comme le gong d’un temple, un seul son résonne et rebondis dans toutes les directions. C’est un son étrange, gémissant, comme si quelqu’un psalmodiait les É>critures bouddhiques. Que pensez-vous que ce soit ? Qu’en pensez-vous ? Mademoiselle Sakurama, ce ne sont ni des paroles ni des chants, c’est le râle de l’humanité qui meurt. »
Partie 3 « je n’ai vu que le soleil couchant »
Cette nouvelle version, ajoute des paysoges sonores pensé comme des plan sonores qui s’ajoute à la composition et adaptés à la salle du concert : insectes japonais d’été, cérémonie bouddhiste.
Field recording version 2024 : Parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima (21 février 2016, par l’auteur) ; cérémonie au Hyakumanben Chion-ji (25 avril 2024, par l’auteur) ; archive cassette, récitation du Hannya Shingyô
Field recording version 2026 : Parc Maruyama, Kyoto ; aux abords du Ninijo, Kyoto ; dans le temple Shitennō-ji Osaka (prises de sons Yuka Nagamatsu et Vincent Laubeuf)

Vincent Laubeuf Après une formation en musique classique et en composition traditionnelle, Vincent Laubeuf développe une démarche artistique singulière, à la croisée de la musique contemporaine et de la création sonore électroacoustique. À la fois compositeur, artiste sonore, musicien électroacoustique et directeur artistique, il construit une œuvre diversifiée, parfois en dialogue avec d’autres disciplines.
Ses œuvres et performances sont présentées dans divers lieux en France – Grand Palais, Opéra de Paris, Palais de Tokyo, Auditorium de Radio France – ainsi qu’à l’international, notamment au Japon (Institut français du Kansai, Born Creative Festival, Kushiro Art Museum, UrBANGUILD, SUPER DELUXE…), et dans de nombreux pays (Autriche, Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Pays-Bas, Suède, Suisse, Pologne, Turquie, USA, Mexique, Chine, Taiwan, etc.). Il a été en résidence de création dans des studios tels que La Muse en Circuit, le Grame, l’Imeb, l’Ina-GRM et plus récement l’IRCAM. Il a eu des commande de Radio France, l’Ensemble Orchestral Contemporain, du ministère de la Culture Français, etc. Il écrit pour des ensembles tels que L’Onceim, Court-circuit, l’Instant donné, l’EOC, etc.
Vincent Laubeuf travaille avec une grande diversité de matériaux sonores. S’il utilise les outils numériques et la synthèse sonore, il accorde une place essentielle à l’enregistrement de terrain, réalisé dans des environnements naturels, urbains ou chargés d’histoire. Profondément attaché à l’« esprit des lieux », il capte leur mémoire, leur vibration, et les transforme en matière musicale. Il explore également les potentialités expressives d’instruments existants, dont il détourne parfois les sons pour en révéler des dimensions inattendues.
Bien que résolument contemporain, son travail est traversé par des résonances venues de temps anciens. Il s’inspire des relations que les cultures du passé entretenaient avec leur environnement. Ce regard l’amène à questionner les codes actuels de la musique et à chercher, à travers la technologie, un rapport, paradoxalement, plus direct, plus essentiel à l’écoute. Ainsi, l’une des dimensions centrales de sa recherche artistique est celle des « traces du passé ». Il s’intéresse aux lieux porteurs de mémoire, aux réminiscences d’activités humaines disparues, de paroles effacées, de rituels oubliés. Ces empreintes invisibles deviennent matière de composition, se transformant en paysages sonores sensibles et poétiques.
Toutes ces thématiques convergent vers une forme d’écologie du sonore, où l’écoute devient un moyen de retisser les liens entre ce que nous nommons nature et humanité. Par l’exploration de formes hybrides, sensibles et ouvertes, il cherche à révéler une continuité entre les mondes – entre l’organique et l’artificiel, le passé et le présent, l’intime et le collectif – invitant à une écoute renouvelée de notre environnement et de nous-mêmes.

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