15h00 – Concert 9
Interprète sur acousmonium : Vincent Laubeuf
Qin Faming A Voice Intolerable To Heaven And Earth [2025] 06’56 (Prix Futura – concours CCMC 2026)
Cette pièce parle de déséquilibre et de la reconstruction de l’ordre. Il émerge du temps et de l’espace, dérivant entre réalité et illusion. Les sons se développent continuellement à travers des boucles de création et d’effondrement. Dans l’assemblage de vieilles structures et la naissance de nouvelles textures, les résonances deviennent un écho qui tremblent à travers le cosmos. La pièce est composée en quatre parties. La synthèse et reconfiguration des sons ont été produites avec Kyma system et d’autres processeurs d’effets. Elle tente de véhiculer l’idée qu’aucun élément du monde n’est limité par sa forme ou contenu par des règles et peut remonter les courants de l’espace et du temps, jusqu’à sonder les origines, ouvrant de nouvelles possibilités. Dans cette convergence, le son coule dans l’espace-temps, à la fois primordial et éternel, incarnant une présence brute, sans limite et tenace.
Faming Qin, alias Populian, (né en 2005) est compositeur de musique électroacoustique et sound designer Chinois. Il suit actuellement un cursus de bachelor en composition électroacoustique au Conservatoire de Musique de Xi’an et est membre de l’International Computer Music Association (ICMA), la Society for Electro-Acoustic Music in the United States (SEAMUS), et la China Electronic Music Association.
Son travail s’intéresse à la musique électroacoustique, la composition algorithmique, la musique interactive et le sound design, explorant l’intégration des matériaux sonores du quotidien, la technologie électronique et le langage musical contemporain.
Ses œuvres ont été présentées à l’International Computer Music Conference (ICMC), à la conférence de la Society for Electro-Acoustic Music in the United States (SEAMUS) et au New York City Electroacoustic Music Festival (NYCEMF). Il a reçu le prix CCMC Japan FUTURA, le troisième prix national à la Chinese Collegiate Computer Design Competition, plusieurs récompenses académiques, parmi lesquelles la Bourse d’Encouragement Nationale et le prix d’Excellence du Conservatoire de Musique de Xi’an.
Christian Zanési Dans le Mantra [2023] 11’47
« Christian Zanési aime prendre comme point de départ un son « rencontré par hasard ». Frappé par le son AUM émis par un yogi indien entendu sur Internet, il décide d’en faire le fondement de Dans le mantra. Si ce titre fait référence aux formules sacrées prononcées dans l’hindouisme et le bouddhisme (AUM est un mantra), Zanési transforme toutefois le son initial pour le rendre méconnaissable – il s’agit d’écarter la référence spirituelle et culturelle à laquelle on ne manquerait pas de l’associer. À partir de ce matériau, il construit une cellule d’une trentaine de secondes, puis la décompose pour obtenir des éléments susceptibles d’être variés, développés, et de jouer tour à tour un rôle de premier plan.
Cette « plongée dans le son », qui s’accompagne d’un travail particulier sur les basses, s’affranchit de la lettre du mantra pour se concentrer sur son esprit. À l’image de ce qui se produit lors des répétitions d’une formule sacrée, la pièce « s’ouvre peu à peu et s’élargit dans un effet fractal » ; ou, poursuit le compositeur, « comme de simples vagues qui viennent se dissoudre sur le rivage, toutes semblables de forme mais, à y regarder de près, variées dans le détail et dans leurs résolutions ». Il appréhende Dans le mantra comme une forme de méditation, sans que la musique soit pour autant méditative. »
Hélène Cao
Christian ZANESI (né à Lourdes en 1952)
Ancien étudiant de Guy Maneveau et Marie-Françoise Lacaze (Université de Pau, 1974-1975) puis de Pierre Schaeffer et Guy Reibel (Conservatoire de Paris, 1976-1977).
Depuis son entrée au Groupe de Recherches Musicales de l’Ina en 1977, il a multiplié les expériences, les réalisations et les rencontres. Il est à l’origine de nombreux projets dans les domaines de la radio, des publications et des manifestations musicales, notamment le festival PRÉSENCES électronique.
De 2005 à 2015 il a été, aux côtés de Daniel Teruggi, le responsable de l’Ina GRM.
Il a composé de nombreuses pièces électroacoustiques, souvent données en concert et depuis les années 2000, il a aussi développé une pratique de live music se produisant en solo ou avec de nombreux musiciens de la scène électronique expérimentale. Ainsi, il a joué avec Christian Fennesz, Rom, Mika Vainio, Edward Perraud, Frederick Galiay, Thierry Balasse, Didier Petit, Philippe Foch, David Jisse, Maguelone Vidal et Arnaud Rebotini.
Depuis les années 90 il compose dans son home studio et puise son inspiration dans la rencontre poétique avec des sons remarquables.
Brunhild Ferrari Errant Ear [2024] 29’54
Errant Ear se promène à travers des souvenirs en mêlant des enregistrements récents à des archives remontant jusqu’aux années 1970, tout en insérant quelques brefs moments empruntés à Luc Ferrari ainsi qu’à Luke Fowler.
Cette errance à travers les sons me permettait de redécouvrir mes souvenirs et de leur donner une nouvelle vie.
J’ai composé cette pièce en 2024 sur une commande de RADIOPHRENIA de Glasgow et Kunst zum Hören de la Radio Autrichienne ORF Ö1.
Création : RADIOPHRENIA 2025
Brunhild Ferrari : « Comme la plupart de mes semblables, je suis née, j’ai grandi, j’ai fréquenté des écoles, j’ai passé des examens, j’ai échoué, j’ai aimé, j’ai parfois travaillé dur, j’ai profité de la vie ; je continue. J’ai travaillé avec Pierre Schaeffer au sein du Groupe de Recherche Musicale de l’ORTF sur les relations entre le son et l’image. D’origine allemande, j’ai eu une activité d’interprète et de traductrice. Suivant les conseils de Luc Ferrari en matière de vie, de musique et de composition, et travaillant avec lui au cours de nos 40 années de vie commune, j’ai réalisé mes propres Hörspiele et pièces radiophoniques diffusées sur France Culture, aux Etats-Unis, et sur les principales radios allemandes. Depuis que Luc Ferrari nous a quittés en 2005, je me suis occupé de la conservation de ses vastes archives ; j’ai fondé l’« Association Presque Rien – Amis de Luc Ferrari » ; j’ai initié et organisé le concours biennal Prix PRESQUE RIEN en fournissant aux artistes du matériel sonore original provenant des enregistrements sonores de Luc ; et j’ai édité un livre de ses écrits et documents (Musiques dans les spasmes, publié par les Presses du Réel, France) ainsi qu’un ouvrage en anglais avec Catherine Marcangeli (Luc Ferrari : Complete Works, publié par la bibliothèque Ecstatic Peace). J’ai composé de la musique, je continue.