13:30 CONCERT 1 D’OUVERTURE – 30 ANS MOTUS
Inteprète : Jonathan Prager
Guillaume Contré Galérien [2011] 6’11
Cette pièce de musique a été composée comme final (juste avant une coda) de « Diario Utópico » Fabuler, dit-il, une performance transdisciplinaire entre poésie sonore, musique instrumentale, musique acousmatique, vidéo-mapping et mise en espace, créé à la Gaîté Lyrique en 2012. C’était une rencontre entre Motus (en tant que collectif de compositeurs), le poète Jérôme Game, le metteur en scène Cyril Teste / Collectif Mxm. Ici est présentée la version purement acousmatique.
Guillaume Contré (Angers, 1979) est écrivain, traducteur et critique littéraire. Il collabore à la revue Le Matricule des anges et a publié les romans « Palais mental » et « Les outils de la science » [Éditions MF]. Comme musicien, il a été membre du groupe de rock Absinthe (Provisoire), du trio de musique improvisée SAP(e) et a pratiqué la house expérimentale sous le nom de Rayuela. Il compose des pièces de musique acousmatique depuis une vingtaine d’années. Il a co-signé avec le poète Sylvain Tanquerel et la photographe Katrin Backes le livre-disque « La montée des eaux » [Éditions Dernier Télégramme].
David Behar Comédie à toute vitesse [2003] 08’20
Avec cette composition, destinée à des classes de jeunes enfants du conservatoire de Perpignan, j’ai voulu changer mon style d’écriture, étirer l’écoute, prendre mon temps. Malheureusement une durée brève m’était imposée… Désirant traiter d’un thème léger, jovial et onirique, j’ai évité les propos trop lourds et engagés. J’ai juste proposé du plaisir, de l’imaginaire, j’ai voulu également éviter la pure abstraction et me suis dirigé vers quelque chose de plus figuratif.
Eric Broitmann De l’espace et du temps [2015] 26’08
Commande de Motus pour le festival “En chair et en sons”.
Composé pour la danseuse Buto Sakurako.
Le corps du danseur…
Le corps de la musique…
Que se passe-t-il après que le premier impact soit posé ? Une succession d’instants musicaux, le temps qui s’égraine…
Si la musique est avant tout du temps, c’est aussi une langue d’espaces (internes – externes), particulièrement pour la musique acousmatique à l’heure de l’interprétation. Comme le Buto, celle-ci fut un art de rupture, elle interrogea le musical à partir de sa “chair” même : le son fixé. Elle a aussi son temps propre : celui du studio, différent de celui de son exécution, temps du live et du concert. Il y a donc un décalage entre la succession d’instants composés en amont et ceux proposés en concert. C’est là que les choses deviennent intéressantes, ce décalage est propice à l’ouverture et à la densité. Il constitue une métaphore de la réalité, l’instant présent n’existant pas réellement mais étant à la fois du passé et une anticipation de ce qui se produira. Comme une succession de temps propres, « désynchronisés » au sens de la relativité.
Compositeur, interprète de musique acousmatique et créateur sonore pour le spectacle vivant, Éric Broitmann développe une oeuvre où l’écouter devient matière à exploration. À travers ses pièces et performances, il interroge la plasticité du son, sa densité, ses écarts. Son travail met en tension plusieurs mondes – musicaux, cinématographiques, littéraires – et joue des ambiguïtés entre réel et imaginaire, concret et abstrait. Chaque création devient un espace d’écoute en mouvement, une invitation à l’abandon et à la présence.
Il multiplie les collaborations (E. Dabrowski, M. Rabbia, C. Bopp, B. Latour, A. Touati…) dans des spectacles mêlant acousmatique, improvisation, musique mixte et autres médias. Dans ce cadre il s’est produit entre autres à la Muse en Circuit , au GMEM, à Césaré, au théâtre de Vanves, à l’abbaye de Noirlac, la POP, au théâtre de la Joliette, à l’Echangeur, au Festival Pieds nus, au théâtre des Amandiers; HAU (Berlin), Signature Theatre (New-York), Kaaitheater (Bruxelles)…
Ses pièces acousmatiques ont été jouées dans divers festivals internationaux, parmi lesquels le ZKM, Bari, à l’Espace du Son (Musiques & Recherches), au festival Synthèse, au Palais de Tokyo, festival Futura, au GRM (Groupe de Recherche Musicale), à France Musique, au Festival Présences, mais aussi au Japon, en Espagne…