13:30 – Concert 8
Interprète Vincent Laubeuf
Léa Paintandre Allotropie [2026 – création] 05’46
Allotropie est née d’une invitation d’Antoine Alcaraz à réinterpréter Relâche, à l’occasion d’une nouvelle sortie de son projet Quatre instantanés d’un tueur à gages. La proposition était de travailler à partir des matériaux bruts de la pièce, sans les avoir produits ni choisis.
L’allotropie désigne les différentes formes que peut prendre un même élément. Le carbone devient ainsi graphite ou diamant : des matières aux propriétés très différentes, constituées pourtant des mêmes atomes.
La réinterprétation procède d’un même jeu avec la matière sonore : en faire ressortir le grain, le spectre, les contours ou les résonances, les étirer, les fragmenter ou les saturer. Les mêmes sons se retrouvent ainsi sous des formes parfois éloignées de leur état initial, jusqu’à interroger ce qui, malgré leurs transformations, continue de les relier.
Léa Paintandre est artiste sonore et compositrice. Sa pratique, à la croisée de la composition électroacoustique, de la performance et de l’installation, interroge les relations entre son, espace et écoute.
Diplômée de l’ENSAPC et formée à la composition électroacoustique au CRR de Paris, son travail a notamment été présenté au Romaeuropa Festival, au LUFF, au GMEM et au Centre Wallonie-Bruxelles, et distingué par le Raster Media Prize et les Phonurgia Nova Awards.
Marjolaine Pont Percussion solide [2026 – création] 11’44
«Percussion solide», pièce stéréophonique, créée en mars 2026 sur la base du travail effectué en résidence dans le studio de Grame – Centre National de Création Musicale, propose une expérience singulière de la production du rythme.
Polarisée entre timbre de la voix et timbre vibrant instrumental, la pièce construit, en mouvements successifs, un tissu sonore qui semble composer un paysage intérieur mouvant et organique.
Une pulsation incarnée autant qu’un rythme distendu apparaissent au travers de textures qui peuvent s’amollir, fondre, devenir presque liquides. Rythme, et fragmentation, liquéfaction sont confrontés.
À la manière d’un matériau venant rayer une surface, un timbre grave et distordu teste la solidité d’une place, d’une scansion et d’une certaine forme de respiration.
La formation sonore et musicale de Marjolaine Pont débute avec le violon alto, dans la ville de Dieppe. Sa pratique du sonore s’intensifie autour de 2011 : en plus de l’alto (répertoire contemporain), elle se consacre à la prise de son et à la création radiophonique.
Elle entre dans la classe de Composition électroacoustique au conservatoire de Villeurbanne (classe de Bernard Fort, puis Laurence Bouckaert), et obtient le diplôme en 2019, après une formation intense alliant électroacoustique, synthèse sonore et improvisation libre.
Dans ses compositions électroacoustiques, elle s’intéresse à l’écoute assidue, presque contemplative, amenant une investigation des perceptions et créant des passerelles avec l’espace intérieur et les émotions.
Ces postures premières donnent lieu à des interventions autour du phénomène sonore, de subtiles à frontales.
Sa volonté d’articuler son travail électroacoustique avec le jeu en temps réel et l’improvisation l’amène à créer le projet Naiima Maré, solo qu’elle joue régulièrement en concert : manipulation de matières sonores brutes, laissant la place à l’inattendu. Ce travail, ancré dans un esprit recherche permanent autour des possibilités des instruments électroniques, donne aussi lieu à une production discographique, marquant des étapes importantes de création.
Elle fonde le duo Deadheat qui explore les dispositifs électroniques et joue en tant que musicienne électronique dans plusieurs ensembles dédiés à l’improvisation libre.
Sa résidence de création et de composition à Grame – Centre National de Création Musicale de deux semaines à la fin de l’année 2025 lui a permis de composer en plus d’une pièce spatialisée sur huit canaux, «Percussion solide» programmée ici à l’édition 2026 de FUTURA.
Olivier D’Hooghe Hadrons [2026 – création] 12’16
Hadrons fait partie du cycle Particules que le compositeur a développé pour évoquer avec de la matière sonore les éléments constitutifs de la matière elle-même : la famille des hadrons représente toutes les particules composites contenant des quarks, des antiquarks et des gluons. Cette pièce nous fait entendre toutes les aspérités de cette collection : l’infiniment petit avec fusion de noyaux, annihilation de matière et chocs à grande énergie dans des accélérateurs de particules ou l’infiniment grand avec la naissance et la mort des étoiles, les nuages stellaires et les singularités d’effondrement. Les grains de matière deviennent grains sonores dans Hadrons.
Cette pièce a été uniquement composée à partir de fragments sonores générés avec le logiciel Atelier développé au sein du Groupe de Recherche Musical par Matthias Puech.
Enseignant, musicien et compositeur, Olivier D’Hooghe est né à Roubaix en 1973. Touché par la musique électronique très jeune (un Farfisa Matador AR en guise de cadeau d’anniversaire à 5 ans), il compose et participe à de nombreux projets musicaux, allant de l’electronica aux influences de l’école américaine de musique minimaliste et répétitive : Reich, Glass, Riley,… (collaboration avec les labels Chat Blanc Records, n5MD, Arbouse Recordings, AEMC Records) à la musique électroacoustique et expérimentale, en passant par la musique à l’image qu’il compose avec le guitariste de jazz Julien Marga.
Dans ses démarches de composition électroacoustique, Olivier D’Hooghe se concentre sur les timbres en focalisant sa recherche sur les synthétiseurs modulaires issus de l’école française d’électronique, notamment avec des modules conçus par Emilie Gillet et Matthias Puech, alliée à la puissance de l’informatique musicale avec des outils comme Max MSP et GRM Atelier dernièrement.
Philippe Leguérinel Rems [2026 – création] 17’38
REMS, rapid eye movement sleep. Parcours dans le sommeil paradoxal, lieu où les rêves sont les plus intenses et l’activité érébrale extrêmement active. Images semblant des plus réelles et associations incongrues, cheminement paraissant logique mais qui ne tient sur rien… Le corps, lui, est immobile, comme “débranché”…
Philippe Leguérinel (1976) est compositeur.Auditeur dans la classe de Denis Dufour, compose depuis 2005. Attaché au sonore comme témoin de notre rapport aux êtres et aux choses, il est l’auteur, à ce jour, de plus d’une quarantaine de pièces pour support audio.
Depuis 2007, ses pièces sont régulièrement jouées en France ou à l’étranger (Italie, Japon).
Sa musique est en écoute sur les plates-formes Obs et Nostalgie de la boue.
Bruno Bernard Papier [2026] 06’35
Le Papier comme métaphore du monde jetable dans lequel on vit. Une des plus belles inventions humaines, porteuse de savoirs, de connaissances, d’émotions. La lettre si attendue, messagère d’espoir, d’amour ou de mauvaise nouvelle, la missive qui relie le monde. Les échanges épistolaires, les milliards de livres, une part organique de nos vies détournée de sa noble fonction : élever l’âme humaine. Il devient un déchet parmi d’autres, un vulgaire support de tract publicitaire, remplacé petit à petit par l’art du scroll sur surface inerte et algorithmée. Pourtant, au milieu des montagnes du massif central, un lieu résiste à l’air délétère du temps : un moulin à papier, un des derniers. C’est là que j’ai pu sauver le son de sa fabrication pour imaginer un monde sonore intérieur et onirique, une tentative de redonner du sens à cette si riche matière, loin des outrances du monde moderne.
Bruno Bernard, né le 19/05/1960 à Dijon (FR), artiste sonore acousmatique et électronique. Il travaille le son en plasticien, sculptant des textures, des densités et des couleurs, intéressé par l’écoute active et la poésie qui s’en dégage.
Il a réalisé de nombreuses musiques de films et d’installations muséales (On-Situ, Musée Nicéphore Niépce à Chalon sur Saône, Kennedy Center à Washington, etc.), ainsi que de nombreuses compositions sonores pour les arts de la scène.
2024 : lauréat du festival «Paysages Composés» à Grenoble (FR), du festival de musique acousmatique et danse Butoh «En Chair Et En Son» à Paris (FR) en compagnie de la danseuse japonaise Yoko Sobue.
2025 : sélectionné notamment au festival FUTURA(Crest, FR), MA/IN Festival (Roma , IT), CONNECTING COMMUTES (Braga, Portugal), Festival LICENCES (Paris, FR), festival ONDES CROISEES EUROPE (Chalon sur Saône, FR), MUSLAB (Quito, Equateur), sélectionné pour le PRIX RUSSOLO.
Bruno Bernard a été nominé en 2002 au 29ème concours de musique électroacoustique et d’art sonore de Bourges.