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musique acousmatique, art radiophonique, installation, vidéo

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27 AOÛT 2026 21h00 – NOTICES ET BIOGRAPHIES

21h00 – Concert 12 – Carte Blanche Tomonari Higaki – Focus Espagne
interprète sur acousmonium : Tomonari Higaki

Zuriñe F. Gerenabarrena Koe [2013] 10’40
Dédié à Fumie Hihara (joueuse de koto et voix)
Cette œuvre est basée sur l’idée de mélanger les sons enregistrés à Tokyo et la culture japonaise avec les sons du Pays Basque; comme un paysage humain.
J’aimerais dans mon travail capturer comme l’utopie d’un monde sonore. Les recherches sont basées sur les couleurs du Japon contemporain, miroir du Japon ancien et traditionnel.
Les similarités et différences entre les langues Basque et Japonaise, le processus de changement, des cultures avec un univers commun.
Le matériau sonore dérive d’enregistrements urbains, la voix et la joueuse de koto menant les trajectoires, se croisant, explorant les distances et les impacts des objets sonores eux-mêmes. L’œuvre a été composée en 2013 lors d’une résidence au Tokyo Wonder Site.

Zuriñe F. Gerenabarrena a étudié la composition avec C. Bernaola et Franco Donatoni à Milan (Italie). Elle a composé pour plusieurs films, le théâtre, la danse, le cinéma d’animation, elle écrit pour orchestres, ensembles, musique électronique et électroacoustique.
Elle a été jury pour plusieurs concours de composition et a donné des conférences sur son travail à l’Université du Pays Basque U.P.V, au Conservatoire de Bilbao, à l’Université complutense de Madrid, l’Université d’Oviedo, l’Hochschule for Music de Fribourg, à l’université Santa Barbara (Californie)…
Elle traite l’évolution du son dans le temps de manière très libre, sa musique présente des gestes et notes qui se brisent dans un discours labyrinthique, se renouvelant pour plus tard se baser sur le timbre comme élément structurel.
Professeur de contrepoint, harmonie, musique électronique, Master de Création musicale contemporaine (MUSIKENE).
www.zfgerenabarrena.com

Joan Bagés i Rubí Guitarres Trobades [2013] 09’10
Guitarres Trobades (2013) est une œuvre construite à partir d’enregistrements de fragments sonores et musicaux réalisés avec différentes guitares acoustiques et électriques.
Les diverses guitares constituent une palette d’objets sonores ayant comme point commun la guitare en tant que corps sonore générateur du son. Les matériaux ont été classés selon leur morphologie sonore afin de construire une sorte d’hyper-instrument : une guitare impossible créée à partir de “guitares trouvées”.
Cordes frappées, pincées, frottées ou saturées : les sons se prolongent comme des résonances électriques et des mémoires vibratoires. Entre souffle, matière et tension, l’instrument devient un espace de circulation d’énergies sonores, où chaque vibration semble garder la trace d’un geste disparu.

Joan Bagés i Rubí (Lleida, 1977) est pianiste, compositeur et artiste sonore. Sa pratique artistique explore les frontières entre musique instrumentale, création acousmatique, technologies sonores et spatialisation du son.
Formé à Barcelone, Paris et Berlin, il a étudié notamment avec Horacio Vaggione, Anne Sedes, Christine Groult, Denis Dufour, Philippe Leroux, Daniel D’Adamo, Jose Luis Campana et Rebecca Saunders. Docteur de l’Université Paris 8, il enseigne actuellement la composition électroacoustique à l’ESMUC de Barcelone.
Ses œuvres ont été présentées dans différents festivals et centres internationaux et récompensées dans plusieurs concours de musique électroacoustique, notamment à Bourges et en Belgique. Il est co-directeur du Festival Contemporaneus et directeur artistique du Morphosis Ensemble.

Medín Peirón Les mystères d’Orphée [2023-2026] 10’36
Les mystères d’Orphée naît d’une inquiétude récurrente dans le domaine de la création électroacoustique : le pouvoir évocateur du son est si intense qu’il peut aller jusqu’à altérer toute conception préalable que l’on puisse avoir de l’œuvre. Chaque nouvelle matière et chaque transformation des sons existants révèlent des possibilités qui dépassent les intentions initiales du compositeur et suggèrent de reconsidérer la palette de sons employée, la temporalité instaurée, les espaces internes suggérés et, finalement, une grande partie de l’organisation formelle initialement prévue.
On accorde ainsi à Orphée le pouvoir de guider son propre destin. Composer devient, de cette manière, une soumission continue au pouvoir de la matière sonore, dont les qualités orientent le développement de la pièce. Cette manière de procéder, souvent mal considérée par une bonne partie des compositeurs, favorise néanmoins l’apparition de solutions plus imaginatives, difficiles à projeter au moyen d’une démarche exclusivement apriorique. C’est dans ce dialogue entre volonté compositionnelle, écoute et autonomie de la matière sonore que Les mystères d’Orphée se forge. Lentement et avec la volonté de rester, à tout moment, éloignée de toute solution définitive.

Medín Peirón s’est formé à la composition électroacoustique au Conservatoire de Perpignan, auprès de Denis Dufour et de Jonathan Prager. Ce dernier l’a également initié à l’art de la spatialisation des œuvres électroacoustiques sur acousmonium. Il est docteur de l’Université de Gérone, où il a soutenu une thèse consacrée à Pierre Schaeffer et aux origines de la musique concrète, et enseigne dans le master d’Art sonore de l’Université de Barcelone.
En tant que compositeur, il consacre sa production exclusivement à la musique électroacoustique fixée sur support. Il considère que ce paradigme, fondé sur l’utilisation de sons enregistrés et projetés dans l’espace au moyen de haut-parleurs, permet de libérer l’écoute de la présence parasitaire de l’image de la source sonore ou de l’instrumentiste, favorisant ainsi une attention centrée sur des aspects strictement musicaux.
Il a codirigé le Festival Zeppelin et assure actuellement le commissariat des œuvres électroacoustiques programmées aux Encontres de Compositors, organisées à Majorque par l’Àrea de Creació Acústica (ACA), structure consacrée à la création musicale et sonore contemporaine.

Edith Alonso Se ha quebrado el sol [2019] 07’52
Se ha quebrado el sol est le dernier mouvement de Khôra. Le terme grec Χώρα (Khôra) presque impossible à traduire et objet de nombreuses interprétations (entre autres philosophes : Platon, Derrida et Kristeva..) – sert d’inspiration pour donner le titre à cette pièce. Khôra peut se référer dans un premier sens à un terrain vague ou à un «no man’s land» et serait semblable à un réceptacle, un espace, un lieu… Ce serait une sorte de matrice qui rassemblerait toute la matière qui serait soumise à un devenir inévitable et instable. Khôra donne lieu à tous les possibles, l’imagination est sans frein. Khôra est un voyage dans un autre monde, lointain et inconnu, nous franchissons sa frontière et nous y trouvons des terrains vides et désolés (nous dirions que nous traversons Le Lieu, La Zone, comme dans Stalker de Tarkovsky).
Dans ce monde du futur, tout est rempli de mélancolie, de nostalgie, de tristesse… un espace désert dans lequel il semble qu’il n’y ait pas de vie, alors que tout ce que nous y trouvons semble être là-bas depuis toujours.
Cependant, un autre monde existe pour continuer à se battre, se lever, penser que tout est possible et, comme Icare, essayer de toucher le soleil et l’atteindre ; mais cette fois-ci, il n’y aura pas de chute.

Compositrice, pianiste, improvisatrice et artiste sonore. Edith Alonso découvre la musique concrète à Paris dans le cadre d’un atelier avec le GRM et à partir de ce moment décide de se consacrer à l’exploration de nouvelles façons d’expérimenter le son. Depuis, son intérêt pour la musique électroacoustique et ses différents genres s’est accru, collaborant régulièrement avec d’autres artistes et diluant les frontières entre les arts et leurs définitions.
Elle explore le son de manière innovante et change fréquemment de set (basse préparée, synthétiseurs analogiques et numériques, ordinateur portable, circuit-bending, acousmatique, live-électronique…). L’intérêt pour la transformation physique du son et la façon dont elle modifie notre perception de la réalité est à la base de son travail.
Elle aime le bruit de la ville mais a toujours besoin de se rendre dans une zone désertique d’Aragon pour s’éloigner de l’agitation du monde.
Docteur en arts, science et technologie à l’Université Paris VIII et à l’Université Complutense. Elle est actuellement professeur à l’Université Internationale de La Rioja (UNIR) dans le cadre du Master de recherche et composition avec les nouvelles technologies.

Josep Manuel Berenguer On Nothing [2003] 13’28
Cette œuvre trouve son origine dans la manifestation massive contre la guerre du 15 février 2003, lorsque plus de cinq millions de personnes ont protesté contre l’invasion de l’Irak. À Barcelone, de février à mars 2003, chaque mercredi à 22h, des milliers d’habitants ouvraient leurs fenêtres ou se rassemblaient dans la rue pour frapper sur des casseroles, des poêles ou d’autres ustensiles de cuisine, faisant écho au cacerolazos utilisées comme forme de résistance au Chili pendant la dictature de Pinochet.
L’Orquestra del Caos a documenté ces extraordinaires événements sonores et les a sortis sur CD. La ville devenait un vaste espace acoustique où d’innombrables sources sonores indépendantes emplissaient l’air avec un même message. Le paysage sonore en résultant incarnait un sens de la solidarité et une détermination collective exceptionnels, quelque chose qui avait rarement été éprouvé en Espagne depuis la fin de la dictature de Franco.
Pourtant, cette puissante expression d’unité s’est avérée éphémère. L’œuvre s’interroge sur ce paradoxe : comment une manifestation aussi écrasante de conviction partagée a pu avoir au final si peu de conséquence politique. Peut-être que les manifestations collectives, toutes intenses qu’elles soient, risquent de devenir une simple représentation de l’absence, un moment de plénitude suivi du vide.
La pièce est exclusivement construite à partir de fragments des enregistrements originaux des casserolades de Barcelone. De minuscules grains de sons, quelques millisecondes, sont transformés par synthèse granulaire en trajectoires musicales programmées. La pièce s’ouvre avec des textures denses, des mouvements énergiques, des timbres brillants et des structures harmoniques complexes qui évoquent la confiance, la cohésion et l’attente de la victoire. Graduellement, ces éléments se dissolvent vers la stabilité tonale, les conflits de timbre, la fragmentation et le silence, suggérant la résignation, la perte et l’érosion de l’espoir.
L’œuvre a été commandée par l’Institut de Musique Electroacoustique de Bourges (IMEB).

Josep Manuel Berenguer est professeur de Psychoacoustique et de Musique Expérimentale et coordinateur du Master d’Art Sonore à l’Université de Barcelone. Fondateur de Côclea et de l’Orquestra del Caos, il est président honoraire de l’International Conference of Electroacoustic Music et président du Quantum Art Lab, membre de l’Académie Internationale de Musique Electroacoustique de Bourges et du Board of Trustees de la Fundación Phonos.
Son travail s’est orienté vers la pratique et la théorie de l’installation, le temps réel, l’interactivité, s’intéressant toujours à des questions en lien à la philosophie, l’histoire des sciences, les limites du langage, l’éthique, la vie et l’intelligence artificielle, le métabolisme de l’information ainsi que les limites de la compréhension humaine et la perception du monde.
Ses oeuvres musicales publiées par Música Secreta, Hyades Arts, Chrysope Electronique, Côclea, Ma de Guido et World Edition, ont été sujettes à commandes et récompenses d’institutions telles que l’Internationale Ferienkurse de Darmstadt (Allemagne), Gaudemus Foundation (Hollande), Prix de Musique Electroacoustique de Bourges (France), Concorso di Musica Elettronica de la Fondazione Russolo-Pratella (Varèse, Italie), International Tribune of Electroacoustic Music du CIM / UNESCO, Center for the Diffusion of Contemporary Music, INAEM Ministeri de Cultura, Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges, RNE Radio Cálsica, Electroacoustic Music Office of Cuenca, Festival of Contemporary Music de Barcelone, entre autres.
On compte parmi ses oeuvres Luci, qui a remporté l’ARCO-Beep Electronic Art Award in 2008; @bienenVolk qui reçoit des données d’une ruche de l’ancien Musée de Zoologie de Barcelone et l’a sonorisée à l’Akademie der Künste (2017); Habitar significa deixar empremtes, basée sur des textes de Walter Benjamin (El Born, 2023); Invisibles i observables, commande de la Chapelle de Sant Corneli (2024); Assaig, programmes informatiques basés sur des improvisations avec Anna Subirana (2026).

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