16h30 – Concert 10 – 30 ans Motus
Interprète sur acousmonium : Tomonari Higaki & interprète stagiaire Bruno Bernard*
Yu-Chung Tseng Metascape of Bamboo [2025] 6’38 (Prix ACSM116 – concours CCMC 2026)
Le bambou a une forme propice à l’art et est souvent considéré comme un symbole oriental. Cette pièce est basée sur des enregistrements de collisions chaotiques et de bruissements de bambous.
“Metascape of Bamboo” n’est pas la représentation d’un paysage de bambouseraie en un lieu et temps donné. L’œuvre est imprégnée de la notion d’éternité, de transcendance du temps. Elle cherche également à présenter les voix les moins connues du bambou et à exprimer les connotations humaines orientales que le bambou peut transmettre.
L’essence de l’œuvre n’est ni concrète ni abstraite, mais une “metascape” qui oscille entre le son concret et les sons altérés des bambous, créant un contraste entre yin et yang, virtuel et réel dans la philosophie orientale.
Diplômé d’un DMA de l’Université de North Texas, Yu-ching Tseng est professeur de composition musicale assistée par ordinateur et directeur du Sound Lab à l’Université Nationale Yang Ming Chiao Tung de Taiwan.
Ses oeuvres ont été jouées dans divers festivals et conférences, parmi lesquels Taiwan-CLAB, l’ICMC (19 fois), NYCEMF, Musicacoustica, SICMF, SMC2016, Visiones Sonoras Festiva, La Hora Acusmatica, FIME, MUSLAB et Musica Nova.
Sa musique été sélectionnée ou primée par la Pierre Schaeffer International Computer Music Competition (1er prix, 2003), Città di Udine International Contemporary Music Competition (vainqueur 2019), Musica Nova (premier prix 2010), Metamorphoses (finaliste, 2006-2010), ICMC Region Best Music Award(2011/2015/2022), RMN Classical Electroacoustic(vainqueur 2023), KLANG International Acousmatic Composition Competition (2nd prix 2023), Musica Nova (1er prix 2025), ICMC Best Music Award (2025), CCMC2026 (ACSM Prize) et LANDSCAPE (2nd prix 2026).
Bamboo has a high artistic conception and is often regarded as a symbol of oriental color. The composition was based on the recordings of the chaotic collisions and the random chirping sounds of bamboo.
Agnès Poisson Le Temps du rêve [2005] 50’00
Liée entre autres à la cosmologie des aborigènes et inspirée par le livre de Barbara Glowczewski Rêves en colère avec les aborigènes australiens*, l’œuvre se divise en plusieurs mouvements, sous-mouvements et intercalaires.
Le Temps du rêve se fonde sur l’expression des sources immémoriales du sacré.
Entremêlant de façon très serrée des éléments concrets et des constructions stylistiques de pure combinatoire, l’œuvre exprime la rencontre des peurs et des émerveillements de l’humanité face à la nature. Dans sa durée, elle déroule la persistante continuité de ce besoin du Sacré, aussi bien dans l’histoire qu’à travers les cultures.
Empruntant essentiellement aux mythes des “peuples premiers”, invoquant les forces assoupies dans le sein de la terre, les éléments du discours tissent les mystères dont les hommes ont toujours peuplé les gouffres et les cieux.
De la danse au recueillement, ces alternances d’élans fondateurs et de repos consolateurs combinent une juxtaposition de tableaux saccadés, proches de la transe et de trames sonores en lévitation, proches d’un temps suspendu. Des temps les plus anciens, les voix divines des esprits ancestraux ne se sont-elles pas incarnées dans ces sons, dont enfin naquit un jour la musique ?
Mon rêve du son, le son de l’être vivant englouti par les bruits industriels, les bruits de la non vie, le bruit du pouvoir. Quel est donc cet appel ? Ce temps premier. Inéluctablement l’artiste avant tout balaye au pied de cette grande intransigeante société. Le fil du temps est couvert de nœuds.
“Comment ne pas voir que la nature a le sens de la profondeur” dirait Bachelard.
“La compréhension en “profondeur” des processus de nouages entre les hommes et leur environnement, le savoir dit du “dedans” se révèle dans les rites sacrés.” Barbara Glowczewski
L’écriture d’une géographie complexe pour ne pas être dérobé au moindre vent.
*éd. Terre Humaine
Compositrice et artiste, formation musicale classique (violoncelle), puis musicienne sur les tréteaux à Marseille, poursuit des études musicales en Faculté de musique à Pau.
Chargée de cours en Informatique Musicale à la Faculté de Toulouse le Mirail, pendant quatre années, crée en 1995 le «Plancher Musical» avec Daniel Bisbau, installation sonore associant jeu et espace collectif.
Participe au festival Futura de 1995 à 2002, pour la programmation des concerts ainsi que l’interprétation des œuvres acousmatiques.
Réalise une mise en espace sonore de la Tour de Crest.
Crée des installations sonores et plastiques dans le cadre d’Art in Situ (Drôme), Oxford (GB) et Bonn (D) et avec le sculpteur Goulven.
En résidence à la Vie des Formes à Châlon sur Saône participe à l’inauguration du site de la Charbonnière. A composé à ce jour une centaine d’œuvres acousmatiques.